L’Olympe, demeure des dieux dans la mythologie grecque, avec un sommet à 2 917 mètres, est la montagne la plus élevée du pays et la deuxième des Balkans. Un site naturel d’une richesse exceptionnelle, attirant randonneurs, alpinistes et passionnés d’histoire, l’Olympe est aussi connu à travers les photos de Frédéric Boissonnas qui est le premier à avoir conquis son pic Mytikas le 2 août 1913 avec Daniel Baud-Bovy et Christos Kakkalos.
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Boissonnas, Baud-Bovy et Kakkalos, mont Olympe, 1913 © Musée de la Photographie de Thessalonique
Le mont Olympe, entre mythes et réalité
Le massif de l’Olympe, situé entre la Macédoine et la Thessalie, dominant la vallée de Tempe, est considéré dès l’époque d’Homère, comme la résidence des douze dieux, souvent appelés les « douze Olympiens », sans doute parce que ses sommets restent invisibles.
Dans l’antiquité, c’est surtout Zeus qui est désigné par l’épithète « Olympien », symbole du ciel, de son éclat, de ses orages, de ses pluies. La ville antique d’Olympie, dans le Péloponnèse (assez loin du mont Olympe), tirait son nom de cette épithète, car elle était le centre du culte de Zeus Olympien. La montagne a donc indirectement donné son nom à l’événement sportif le plus important au monde, les Jeux olympiques, qui se déroulaient à Olympie.
Pourtant, l’origine du nom « Olympe » est discutée, mais selon une hypothèse, le sens d’ « Oulumpos » (comme on le trouve chez Homère) serait celui de « montagne dont les nuages s’enroulent autour du sommet ».
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Le sommet de Mytikas (photo par Stolbovsky), source: Wikimedia Commons.
Sommets et morphologie
La montagne se caractérise par des pentes abruptes, des gorges profondes et des pics élevés, avec plus de 50 sommets, et un terrain composé de falaises accidentées, de prairies alpines et de forêts denses.
Le sommet le plus élevé, Mytikas, à 2 917 mètres, domine la région, tandis que le « Trône de Zeus », ou Stefani (2 909 mètres), se distingue comme le lieu où résidait le dieu grec lui-même – comme vous pouvez vous en douter. Le deuxième plus haut sommet, Skolio (2 911 mètres), offre une expérience alpine exceptionnelle le long de sa face nord.
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Stafani & Skolio, 1913 (photo par Frédéric Boissonnas) © Archives de la Fédération hellénique d’alpinisme et d’escalade
Depuis 1938, le mont Olympe est classé parc national, grâce à sa nature merveilleuse, riche en flore (plus de 1700 espèces, dont plus de 20 endémiques) et en faune (plus de 30 espèces de mammifères, 100 espèces d’oiseaux, 18 espèces de reptiles).
En plus de cela, ses gorges profondes, ses crêtes vertigineuses et ses sommets imposants attirent les aventuriers du monde entier, les invitant à explorer ses sentiers et à conquérir ses pics.
Parmi eux, on doit noter le gorge d’Enipeas, l’un des canyons les plus célèbres et les plus impressionnants de Grèce qui doit son nom à la rivière Enipeas, qui forme de petites cascades, des piscines naturelles et des ruisseaux, idéaux pour une baignade rafraîchissante en été.
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Vue du gorge d’Enipeas, (par Androfili via Wikimedia Commons)
Parmi les attractions d’Olympe, on trouve également les ruines du monastère historique d’Agios Dionysios (Saint Dionysius), fondé en 1542 et détruit pendant l’occupation nazie de la Grèce. De plus, au pied du mont Olympe, se trouve le village de Dion, nommé d’après le dieu Zeus (son nom vient de « dios », le génitif de Zeus en grec ancien), célèbre pour le site archéologique de Dion, un important centre religieux et culturel de l’ancienne Macédoine.
L’importance du parc national a été reconnue non seulement en Grèce, mais aussi en Europe et dans le monde entier. En 1981, l’UNESCO a déclaré l’Olympe « Réserve de biosphère ».
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Vue du site archéologique de Dion, source: Wikimedia Commons.
1913 : L’ascension de Frédéric Boissonnas
Philhellène chaleureux et voyageur inlassable, amoureux de l’alpinisme et de la beauté naturelle du pays, le photographe suisse Frédéric Boissonnas (1858-1946) se rend pour la première fois en Grèce en 1913 et pendant trente ans, il ne cesse d’y voyager et de photographier des paysages et les peuples, contribuant ainsi à la promotion de l’image du pays à l’étranger.
En 1913, Boissonnas accomplit la première ascension connue du Mont Olympe en compagnie de son ami Daniel Baud-Bovy (1870-1958) et du guide Christos Kakkalos (1879?-1976).
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Christos Kakkalos , 1913 et le mont Olympe, 1919. Photos: Frédéric Boissonnas) © Archives de la Fédération hellénique d’alpinisme et d’escalade.
Cette expédition marque une étape importante dans l’exploration moderne du site, car Boissonnas, passionné par la Grèce et son patrimoine, documente minutieusement cette aventure à travers ses photographies et récits, notamment le livre “La Grece Immortelle“, paru en 1919 aux éditions d’art Boissonnas.
Leur ascension fut un exploit en soi, car le terrain escarpé et les conditions climatiques rendaient l’expédition ardue. Grâce à la connaissance du terrain de Kakkalos, ils parviennent à atteindre Mytikas, réalisant ainsi l’une des premières ascensions documentées du sommet.
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Grèce – Olympe, bivouac, 1913 (photo par Frédéric Boissonnas) © Musée de la Photographie de Thessalonique
Les photographies du Boissonnas contribuent à la mise en valeur du patrimoine naturel et culturel grec du Mont Olympe ; en capturant la beauté du site et en racontant son périple, il participe à la redécouverte de la Grèce moderne et à la promotion du tourisme dans cette région.
En 1936, dans les colonnes du magazine Montagne, Frédéric Boissonnas décrit ainsi son ascension du Mont Olympe en Grèce :
«Un merveilleux sommet, une crête étroite faite de fragments de grands volumes en série. Autour de nous, des falaises effrayantes perdues dans le dense brouillard qui nous enveloppe… Mais nous sommes enfin arrivés… Arrivés, premiers depuis que les dieux sont partis».
Différentes sources écrites laissent entendre que Fred Boissonnas a réalisé un film sur l’ascension du Mont Olympe avec un groupe de touristes en 1928, montrant l’ascension depuis Litokoro jusqu’à l’arrivée sur le sommet.
Mort à Genève en 1946, Fred Boissonnas est le premier photographe étranger à avoir parcouru toute la Grèce pour promouvoir son image internationale, souvent avec le soutien du gouvernement grec.
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Liri tou Kokora-Parthenos-La roche Tarpéienne, Mytikas, 1919. Photo by Frédéric Boissonnas © Archives de la Fédération hellénique d’alpinisme et d’escalade.
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M.V.