thessaloniki spyros vasileiou 1977
 
Quand tu verras pointer l’aube du dernier jour,
et que tu entendras, détrompé, plein d’horreur,
devant ta porte un bruit de rêves qui s’écroulent,
sans qu’il te soit laissé le temps de vains regrets,
sous tes faibles paupières, alourdies de douleur,
efforce-toi, rempli d’amour et de tendresse,
d’enfermer la vision immense de la ville
que tu aimas toujours avec passion.
 
Que ton désir, avant de la perdre à jamais
la façonne du moins au feu des derniers rêves
comme en ces jours où plein de nobles illusions,
nonchalant, tu traînais le pas dans ses ruelles.
 
Que ses vastes bassins où les bateaux s’entassent,
qui affrontent sans peur la mer et ses courants,
et les quais tout bruissants des cris de leurs marins
flottent dans ta mémoire, image fugitive.
 
Efforce-toi, dans le vertige de ton rêve,
de retenir aussi ces yeux qui pleins d’angoisse
et de beauté, par les barreaux d’une fenêtre
sur le pavé humide accompagnaient tes pas.
 
Efforce-toi, fais tout afin de retenir
cette vision, car plus que mille vaines vies
 
mieux vaut la mort à l’ombre de tels yeux.
 
Traduction: Michel Volkovitch]
Peinture: Spyros Vasileiou, Thessaloniki, 1977. source: nikias.gr 
 
Le poème original en grec sur notre page facebook

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