zaverdinos dionysis figoures
 
Les plaies ne fleurissent plus
dans poèmes et chansons ;
elles s’infectent seulement.
 
La mer n’est pas désir
qu’on vogue vers le large
mais peur des profondeurs.
 
Qu’est devenue la joie de la vie
qu’on conquérait à tout instant
même lorsque le jour s’était levé néfaste ?
 
À présent nulle douleur
ne fustige le corps
mais c’est le dedans qu’enchaîne
un nouveau tyran tout puissant :
la peur.
 
La peur est venue et a arraché
toutes les passions.
 
L’amour maintenant semble
tantôt un mendiant dans un coin
et tantôt un bouffon sans travail
après qu’il ne fait plus rire personne.
 
Une est la passion ; la peur
qui s’étale comme un suaire
et qui recouvre tout.
Peur de l’écroulement
de la nature, du corps, du monde.
 
À présent au lieu de hurler du dedans :
« Comme il est beau ! »
une est la voix qui domine :
« Fais attention ! »
 
Katerina Anghelaki-Rooke, "Η Ανορεξία της ύπαρξης", 2011, dans Poésie 1963-2011, éd. Kastaniotis, 2020.
Traduction: Oulipia
Peinture: Dionysis Zaverdinos, "Figures", 2001. Source
 
Le poème original en grec sur notre page facebook