JE PARLE – MILO

Je parle des mères aux pieds nus

Qui errent parmi les ruines
Des villes enflammées
Des cadavres amoncelés dans les rues
Et des maquereaux-poètes
Oui sont pris de frayeur la nuit
Sur leur seuil
Je parle des nuits sans fin
Quand la lumière décroit
Au point du jour
Des camions surchargés
Et des pas
Sur les dalles humides
Je parle des cours de prison
Des larmes du condamné à mort
Mais je parle surtout
Des pécheurs
Qui ont abandonné leurs filets
Pour suivre ses pas
Et quand Lui devint las
Eux ne se sont pas reposés
Et quand Lui les eut trahis
Eux n’ont jamais renoncé
Et quand Lui fut glorifié
Eux détournèrent le regard
On leur crachait au visage
On les crucifiait
Mais eux toujours sereins
Prenaient un chemin qui n’avait pas de fin
Sans que leur regard
Ne s’obscurcisse ou ne fléchisse
Debout et seuls
Dans la solitude terrible de la foule.
Peinture: Giannis Psychopaidis “Figures”

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