t1Tatiana Gritsi-Milliex est née à Athènes, dans le vieux quartier du Théséion, aux pieds de l’Acropole, qui joue souvent un rôle symbolique dans la conscience de ses personnages. En 1939, elle s’est mariée avec Roger Milliex, professeur à l’époque et plus tard directeur de l’Institut Français d’Athènes, où elle a étudié la philologie.
 
Pendant l’occupation nazie, ils ont rejoint la résistance, le Front de Libération Nationale (EAM). En 1945, ils sont partis pour la France mais ils sont revenus en Grèce en 1946. De 1959 à 1971, Tatiana a suivi son mari à Chypre où il était attaché culturel à l’ambassade de France. Ne pouvant retourner en Grèce pendant la dictature (déchu de la nationalité grecque par la junte), le couple s’est alors enfuit à Gènes pour retourner en Grèce, en 1974. Pendant toute sa vie, Tatiana Gritsi-Milliex a été politiquement très engagée. Elle a travaillé comme journaliste et écrivain. Après 1974, elle a travaillé pour la radio et la télévision grecque et pour de divers journaux.
 

Elle commence sa carrière d’écrivain en 1947, avec son recueil de nouvelles : Place du Théséion, suivi de Les nouveaux livres. En 1950, elle publie Sur la route des anges, en 1951, Journal et Ceux qui peinent sous le fardeau, en 1957 On change, en 1958 A la première personne.
 
De toute la génération d’écrivains grecs de l’après-guerre, c’est elle qui est la plus liée au modernisme français. En 1963 par exemple, elle écrit Kai idou ippos chloros (C’était un cheval blême) où elle décrit comment une simple jeune femme subit l’occupation allemande et l’oppression de la part de sa famille, pendant que son mari s’est suicidé au début de l’invasion allemande et elle doit vivre seule avec son fils de trois ans. La manière dont Gritsi-Milliex raconte l’histoire (uniquement à travers les expériences de la femme) est très particulière. Ces expériences sont souvent des souvenirs, qui prennent vie par associations avec des choses qu’elle voit ou attend. Par un rythme soutenu et des images pénétrantes, la prose de Milliex a la force de la poésie.
 
07.07 10L’influence de la mémoire, des souvenirs (mnimi), est essentielle dans l’œuvre de Gritsi-Milliex et détermine son écriture. Sans cela, elle n’a pas de moyens de communication, elle est morte comme écrivain. C’est à travers de cette mnimi (qui est au fond une collection d’images et d’événements quotidiens) que la conscience collective du peuple grec s’exprime.
 
Malgré son attachement à la France, seules deux de ses œuvres sont parues en français : De l’autre rive du temps, éd. du Griot 1992 et L’arbre de Caïn, éd. Jacqueline Laffitte 1996.
 
Gritsi-Milliex a été membre de l’Académie Racine et de l’Association des romanciers grecs. Elle a été honorée avec plusieurs prix comme le Prix de l’Etat et le Prix de l’Académie d’Athènes.

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