Lexikopoleio est une librairie francophone- et non seulement- à la périphérie du centre athénien dans le quartier de Pagrati. Εlle vend des «lexika» (dictionnaires) et des bouquins de tout genre en suivant les souhaits de ses clients. Mais elle rétablit surtout le sens de la communication et de la gentillesse perdu de nos jours dans les "super-marchés" de toute sorte qui nous entourent. Lexikopoleio est  donc avant tout un  point de rencontre (steki on dirait en grec) et une surprise agréable et inattendue grâce à Odile Bréhier et Yannis  Skoufis qui parlent à GrèceHebdo de leur expérience. 

Parlez-nous un peu des débuts de votre projet? Pourquoi une librairie francophone dans un quartier athénien (Pagrati)? Ce n’était pas risqué?

Oui, c’était risqué, d’autant plus que nous avons ouvert en 2010, en pleine période de crise. Mais la librairie est venue se greffer sur Texto, notre société de traduction qui existe depuis 1990 et qui a vu tout naturellement apparaître une spécialisation dans ce créneau: les dictionnaires toutes langues et thématiques confondues. Depuis fort longtemps nous caressions le rêve de créer notre petit monde de livres préférés, dont bien entendu le centre serait les dictionnaires. C’est la première librairie de ce type qui a vu le jour en Grèce. Par ailleurs, nous avons choisi le quartier de Pagrati pour deux raisons essentielles: une librairie de niche comme la nôtre peut très bien être sise dans un quartier agréable, ceint de musées, facile d’accès (métro Evanghélismos), tout en étant à la périphérie du centre-ville. 

En outre, nous connaissons bien le quartier (puisque Texto y siège depuis 24 ans…) et nous avions prévu que ce serait un quartier qui aurait un essor certain. Plus précisément, nous sommes installés sur l’ «île aux grenouilles» (le Vatrahonissi), une parcelle de Pagrati bien connue pour sa concentration de gens de lettres et d’intellectuels. Tous les Grecs connaissent le restaurant «Maghemenos Avlos» (la Flûte enchantée), qui fut le point de rencontre mythique du compositeur Manos Hatzidakis sur la place Proskopon.
Donc en fait, oui, c’était risqué, mais nous avions tout de même évalué les risques…
Pourquoi vous avez baptisé la librairie ‘’Lexikopoleio”? Vous choisissez les titres de vos livres selon quels critères?

Lexikopoleio est un mot que nous nous sommes amusés à créer (du substantif grec «lexiko», dictionnaire et  du verbe «polo», vendre) pour indiquer que nous sommes un endroit qui vend des dictionnaires.
Au départ nous avons proposé des dictionnaires, bien entendu, en langues européennes, asiatiques, africaines etc., de référence bilingues, trilingues, multilingues, brassant plusieurs thèmes, des plus sérieux aux plus cocasses. Vous seriez vraiment étonnés du nombre de dictionnaires qui sont publiés…
Puis, tout doucement, nous avons suivi la demande de nos clients qui ont formulé le souhait de voir sur nos rayons de la littérature, poésie, essais, livres jeunesse, même des BD, et ce dans diverses langues. Nous pourrions dire, en fait, que nos dictionnaires ont été parfois le pretexte pour inciter à la lecture d’autres ouvrages. 
 
Quel bilan dressez-vous de votre démarche?

Notre bilan est tout à fait positif!Nous savions d’emblée qu’on n’ouvre pas une librairie pour devenir riche. Donc, ceci posé, depuis trois ans, nous sommes encore aussi enthousiastes qu’au départ.
Nous avons de plus en plus d’amis qui viennent simplement pour nous voir, prendre un café, se reposer un peu et parler livres, tout en abordant d’autres sujets qui leur tiennent à cœur.  Nos présentations et soirées littéraires sont toujours une source de belle rencontres chaleureuses. Nous découvrons tous ensemble les nouveautés, relisons nos classiques, et discutons avec des gens de diverses nationalités qui nous offrent leur vision d’un monde si varié…
Vu la conjoncture actuelle, nous avons décidé de vendre tous nos livres au prix éditeur: tout achat au Lexikopoleio est au même prix que dans toute librairie française, britannique, américaine etc. Nous sommes intimement convaincus que, maintenant plus que jamais, les gens doivent lire…
 
 
 

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