nikia gou
 
la langue brille entre des mots sans suite.
corps tout éparpillé, assoiffé d'unité.
je cherche une main, pour emplir mon gant.
jeu dangereux le jeu de l'écriture
toi tu demandes un sourire, eau sur glace
ou une fleur sauvage poussant dans les rochers
dans une fente.
la Femme Pleurée
de Picasso, en l'an 1937,
a surgi te traversant l'épaule.
elle grimpe là-haut derrière, dans le tableau.
au mur un fouillis sanglant ;
visage ou temps inéluctable.
le souvenir de tes yeux quand tu pouvais pleurer
 
il y a de l'émotion bien sûr dans les contradictions, les vides,
les sons rudes, la géographie,
dans les histoires laissées en plan.
je cherche une main, pour emplir mon gant.
car je peux le dire,
«homme au soleil, homme au soleil !»
le miracle nous pouvons l'écrire
mais monsieur l'éléphant déboule
qui piétine la maison.
«efface-le», ordonnas-tu un jour, herr mon amant.
je pourrais
 
si la langue n'était pas l'interligne.
 
regarde,
toutes choses en l'air — brillent.
 
Traduction Michel Volkovitch
Peinture:Giorgos Gounaropoulos (source: nikias.gr)
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